Quand il n’y a que la vie militaire… ou presque


Vie militaire / vendredi, novembre 2nd, 2018

Voilà beaucoup trop longtemps que je n’ai donné d’amour à ce blogue. La vie allant tellement trop vite, je dois établir mes priorités… et c’est lui qui « écope ». Après une année de retour à une vie familiale plus « normale » grâce à la venue de notre petit dernier, la vie militaire a repris. Avec ce qu’elle implique. Peut importe le milieu de travail d’affectation, que papa soit déployable ou non, on dirait qu’on ne vient jamais à bout de s’habituer au rythme qu’elle impose, qu’on est toujours en train de s’adapter à elle, qu’on a peine à respirer pour se poser un peu.

Comme si on tentait de courir après un train à pleine vapeur pieds nus sur la voie ferrée.

Une réalité que seuls les gens impliqués comprennent vraiment

Si tu ne connais pas vraiment l’armée, saches qu’elle est basée sur un système très hiérarchique. Des grades, des hommes de rang, des officiers, des supérieurs, des subalternes, des acronymes! C’est au fil de PDR (Professional Development Report ???, genre d’évaluation du travail qui se fait régulièrement chaque année) et de parties 5, que la carrière du militaire va se dessiner. Tranquillement, ou pas, il va gravir les échellons selon ses évaluations. Si ça va bien, souvent, il y en a qui se gâtent et se permettent de donner plus de travail…

On dirait que quand quelqu’un est bon, il faut en profiter et lui donner le plus de trucs possibles à faire. Ou encore, quand il est plus haut gradé, on lui demande de venir sauver la place qui était la moins bien gérée – pour différentes raisons que je vais éviter de mentionner ici – question de donner des meilleures conditions de travail aux gens.

Et tout à fait louable.

Mais souvent, on semble oublier l’humain derrière le militaire (ici j’utilise le masculin parce que ça allège l’écriture et que dans notre famille, le militaire, c’est papa): l’homme, le père, le conjoint, le fils, l’enfant… Avec ses occupations AUTRES que l’armée, ses passions, sa famille, son logis à entretenir etc.

Ici, je fais état de ce que je remarque comme conjointe de militaire depuis 13 ans. Avec les expériences que nous avons vécues alors que j’embarquais dans un bateau qui m’était VRAIMENT inconnu: exercices, missions, mutations, déménagement hors province en tant qu’amoureuse en premier et en tant que maman depuis les 8 dernières années.

L’homme

Quand on fréquente un militaire, on pogne notre flash assez vite. Essaie de planifier des vacances dans 6 mois? Attention, il y a peut-être un exercice qui va se dessiner vite vite ou une mission, pourquoi pas? Des vacances d’été? Oh, il va peut-être y avoir un cours de métier ou une task qui va se dresser à l’horizon tout bonnement trois semaines avant et n’être confirmée que 5 jours avant le début.

Contrôler un minimum sa vie relève du défi constant. Tu es chanceux qui tu es capable de fonder une famille sans trop être séparés longtemps. Des filles qui vivent leur grossesse seule, ça existe. Des bébés qui naissent sans papa aux côtés de leur maman, ça arrive. Des mamans qui vivent seule les premiers moments de bébé, c’est fréquent. Des mamans qui pleurent seules dans leur salle de bain au bout du rouleau, il y en a vraiment plus que tu penses.

Pour s’en sortir pas si pire conjointe et maman de famille militaire, tu n’as pas le choix de développer beaucoup d’autonomie et d’indépendance (affective et autre. Tsé pour réussir à réparer les avaries qui arrivent quand ton chum n’est pas là, parce que c’est une loi non écrite: C’est quand que tu es seule à guetter le fort que les badlucks arrivent. Vivement ses amis pour t’aider!) tout en essayant de garder une santé mentale de fer…

Le père

Le plus difficile, à part l’absence du contrôle total que tu as sur TA vie, c’est l’adaptation. Aux imprévus qui se pointent, aux défis à relever en couple et en famille. Surtout en famille.

Ce n’est pas un secret, des enfants, ça a besoin d’une certaine stabilité. D’une routine. De se sentir en sécurité. D’avoir des parents présents, pour vrai. Pas juste physiquement, mais mentalement aussi. Que leurs parents soient disposés et prêts à leur accorder l’attention dont ils ont besoin…

Le défi toi!

Par moment, tu te rends compte que tout ce que tu fais, c’est d’essayer de rester à flow. De passer au travers de tes journées sans que le bordel pogne pas trop. Eat. Work. Sleep. Repeat.

Parce que ton homme est soit absent, soit surchargé au travail, qu’il donne son 100%, mais que malheureusement il n’y a QUE 24 heures dans une journée. Et que ça en prend au moins 6-7 pour dormir et se recharger les batteries. Il amène donc la job à la maison et ne fait que ça: se lève, travaille sur ses trucs tôt le matin quand tout le monde dort. Part travailler. Revient et dès que le souper est terminé, il reprend. Plus ça monte en grade, plus ça travaille ces messieurs. Ce n’est pas vraiment plus payant, mais c’est une autre histoire…

C’est dans ces épisodes que des fois, t’aurais besoin d’aide.

Juste un peu.

Pour souffler et prendre le temps.

Pour reculer d’un pas et de regarder la situation en face avant que ça pète: Mmmmmm, on rush là. Est-ce que c’est possible de s’organiser pour changer les choses, rien qu’un peu? Pour offrir le mieux pour nos enfants.

Et souvent, cette aide serait juste le fait d’avoir un papa plus présent qui ne travaille pas tout le temps à se brûler.

Parce que quand il est brûlé, c’est quoi tes ressources?

Et la maman

Et c’est dans ces épisodes qu’il faudrait que tu dormes toi aussi pour que vous ne soyez pas deux à être épuisés… au lieu d’être en train de blogger à 4 heures du matin!

 

2 réponses à « Quand il n’y a que la vie militaire… ou presque »

  1. C’est bien, on peut s’y reconnaitre, mais il ne faudrait pas oublier de mentionner qu’il y a aussi les centres de la famille pour donner un peu de support aux conjoints de militaires.

    1. Effectivement, mais les services offerts diffèrent beaucoup d’un endroit à l’autre au Canada, voire à l’international, et ne sont pas nécessairement facilement accessible selon notre endroit de résidence. J’en fais d’ailleurs l’éloge dans certains de mes articles des années précédentes. Cette année, c’est différent pour nous.

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