Julie

Quand il n’y a que la vie militaire… ou presque

Voilà beaucoup trop longtemps que je n’ai donné d’amour à ce blogue. La vie allant tellement trop vite, je dois établir mes priorités… et c’est lui qui « écope ». Après une année de vie familiale plus « normale » grâce à la venue de notre petit dernier, la vie militaire a repris. Avec ce qu’elle implique. Peut importe le milieu de travail d’affectation, que papa soit déployable ou non, on dirait qu’on ne vient jamais à bout de s’habituer au rythme qu’elle impose, qu’on est toujours en train de s’adapter à elle, qu’on a peine à respirer pour se poser un peu.

Comme si on tentait de courir après un train à pleine vapeur pieds nus sur la voie ferrée.

Une réalité que seuls les gens impliqués comprennent vraiment

Si tu ne connais pas vraiment l’armée, saches qu’elle est basée sur un système très hiérarchique. Des grades, des hommes de rang, des officiers, des supérieurs, des subalternes, des acronymes! C’est au fil de PDR (Professional Development Report ???, genre d’évaluation du travail qui se fait régulièrement chaque année) et de parties 5, que la carrière du militaire va se dessiner. Tranquillement, ou pas, il va gravir les échellons selon ses évaluations. Si ça va bien, souvent, il y a des supérieurs qui se gâtent et se permettent de donner plus de travail aux plus performants…

On dirait que quand quelqu’un est bon, il faut en profiter et lui donner le plus de trucs possibles à faire. Ou encore, quand il est plus haut gradé, on lui demande de venir sauver la place qui était la moins bien gérée – pour différentes raisons que je vais éviter de mentionner ici – question de donner des meilleures conditions de travail aux gens.

Et tout à fait louable.

Mais souvent, on semble oublier l’humain derrière le militaire (ici j’utilise le masculin parce que ça allège l’écriture et que dans notre famille, le militaire, c’est papa): l’homme, le père, le conjoint, le fils, l’enfant… Avec ses occupations AUTRES que l’armée, ses passions, sa famille, son logis à entretenir etc.

Ici, je fais état de ce que je remarque comme conjointe de militaire depuis 13 ans. Avec les expériences que nous avons vécues alors que j’embarquais dans un bateau qui m’était VRAIMENT inconnu: exercices, missions, mutations, déménagement hors province en tant qu’amoureuse en premier et en tant que maman depuis les 8 dernières années.

L’homme

Quand on fréquente un militaire, on pogne notre flash assez vite. Essaie de planifier des vacances dans 6 mois? Attention, il y a peut-être un exercice qui va se dessiner vite vite ou une mission, pourquoi pas? Des vacances d’été? Oh, il va peut-être y avoir un cours de métier ou une task qui va se dresser à l’horizon tout bonnement trois semaines avant et n’être confirmée que 5 jours avant la veille du début de celle-ci.

Contrôler un minimum sa vie relève du défi constant. Tu es chanceux qui tu es capable de fonder une famille sans trop être séparés longtemps. Des filles qui vivent leur grossesse seule, ça existe. Des bébés qui naissent sans papa aux côtés de leur maman, ça arrive. Des mamans qui vivent seule les premiers moments de bébé, c’est fréquent. Des mamans qui pleurent seules dans leur salle de bain au bout du rouleau, il y en a vraiment plus que tu penses.

Pour s’en sortir pas si pire, conjointe et maman de famille militaire, n’ont pas trop le choix de développer beaucoup d’autonomie et d’indépendance (affective et autre). Tsé pour réussir à réparer les avaries qui arrivent quand ton chum n’est pas là, parce que c’est une loi non écrite: C’est quand que tu es seule à guetter le fort que les badlucks arrivent (Vivement ses amis pour t’aider!) tout en essayant de garder une santé mentale de fer…

Le père

Le plus difficile, à part l’absence du contrôle total que tu as sur TA vie, c’est l’adaptation. Aux imprévus qui se pointent, aux défis à relever en couple et en famille. Surtout en famille.

Ce n’est pas un secret, des enfants, ça a besoin d’une certaine stabilité. D’une routine. De se sentir en sécurité. D’avoir des parents présents, pour vrai. Pas juste physiquement, mais mentalement aussi. Que leurs parents soient disposés et prêts à leur accorder l’attention dont ils ont besoin…

Le défi toi!

Par moment, tu te rends compte que tout ce que tu fais, c’est d’essayer de rester à flow. De passer au travers de tes journées sans que le bordel pogne pas trop. Eat. Work. Sleep. Repeat.

Parce que ton homme est soit absent, soit surchargé au travail, qu’il donne son 110%.  Malheureusement il n’y a QUE 24 heures dans une journée. Et que ça en prend au moins 6-7 pour dormir et se recharger les batteries. Il amène donc la job à la maison et ne fait que ça: se lève, travaille sur ses trucs tôt le matin quand tout le monde dort. Part travailler. Revient et dès que le souper est terminé, il reprend. Plus ça monte en grade, plus ça travaille ces messieurs et en plus, il doit faire des études…

En regardant toue l’énergie, le temps et l’impact que ça a sur la famille, je me demande si c’est vraiment plus payant, mais c’est une autre histoire…

Et la maman…

C’est dans ces épisodes que des fois, t’aurais besoin d’aide.

Juste un peu.

Pour souffler et prendre le temps.

Pour reculer d’un pas et de regarder la situation en face avant que ça pète: Mmmmmm, on rush là. Est-ce que c’est possible de s’organiser pour changer les choses, rien qu’un peu? Pour offrir le mieux pour nos enfants.

Et souvent, cette aide serait juste le fait d’avoir un papa plus présent qui ne travaille pas tout le temps à se brûler.

Parce que quand il est brûlé, c’est quoi tes ressources?

Et c’est dans ces épisodes qu’il faudrait que tu dormes toi aussi pour que vous ne soyez pas deux à être épuisés… au lieu d’être en train de blogger à 4 heures du matin!

Quand il n’y a que la vie militaire… ou presque

8 commentaires sur “Quand il n’y a que la vie militaire… ou presque

  1. C’est bien, on peut s’y reconnaitre, mais il ne faudrait pas oublier de mentionner qu’il y a aussi les centres de la famille pour donner un peu de support aux conjoints de militaires.

    1. Effectivement, mais les services offerts diffèrent beaucoup d’un endroit à l’autre au Canada, voire à l’international, et ne sont pas nécessairement facilement accessible selon notre endroit de résidence. J’en fais d’ailleurs l’éloge dans certains de mes articles des années précédentes. Cette année, c’est différent pour nous.

  2. Chapeau Julie pour ce blogue super interessant.

    Je me suis souvent demandé comment les conjoints civils faisaient pour survivre. Pour ma part, j’ai été une maman en bottes de combats pendant les premières années de vie de mes deux enfants et je peux te confirmer que c’était pas mal rock-and-roll quand nous avions des exercices ou bien que l’un de nous était en formation à Borden et que l’autre était soit en devoir, soit se préparait pour un déploiement.

    Continues d’écrire et d’éduquer les civils qui ne savent rien de la vie militaire et qui après viennent dire que nous avons la vie facile. PANTOUTE.

  3. Cela m’a fait du bien avec ce que je vis présentement (exercices, cours, et déploiement sous peu). Je me sens moins seule de pleurer dans mon coin dépasser et épuisée … Mais heureusement toutes les journées ne sont pas comme ça au contraire 🙂 et oui mon CRFM est là pour nous soutenir et je l’adore 🙂

  4. Premierement pleurer dans la salle de bain ne regle rien.
    Deuxiement blogger ne sert a rien.
    Troisiement, les meilleurs en font TOUJOURS plus, ce pour ca que cest la meilleurs. On deviens pas le meilleur en etant assis sur le divant.
    Tout ceci nest que la realite de la vie du militaire. Tu embarque ou tu debarque, mais quand tu as fait ton choix, tu perds ton droit de te plaindre.
    Alors allez hop! Au boulot et on arrête de chialer; ce pays la ne se defendra pas tout seul et cette famille la ne selevera pas seule non plus.

    1. Bonjour Fra, je ne sais pas trop à qui je m’adresse mais je vais tenter une réponse. Derrière vos propos je sens de l’incompréhension et un manque d’information par rapport à ce qui est partagé dans le texte.

      J’ose croire que vous êtes un homme qui ne connaît pas la vie militaire telle que je la vis, tout comme beaucoup d’autres gens qui font partie de cette communauté.

      C’est facile de juger ce que vivent les autres de l’extérieur et de donner des conseils vides de sens à mes yeux.

      Vous avez raison le pays ne se défendra pas seul. Et non plus ma famille ne s’élève pas seule, j’en suis très au fait. J’y travaille de tout coeur à tous jours. Par contre, ce n’est le message que je souhaite véhiculer dans ce texte.

      Ce que je souhaite partager est c’est déplorable d’abuser des gens qui sont plus performants en oubliant que derrière chaque travailleur il y a un humain qui a ses limites. Même les super-héros ont les leurs…
      Et que derrière chaque militaire, il y a un/e conjoint/e qui est là dans l’ombre pour le supporter et qui ramasse les contre-coups, sans parler des enfants qui sont témoins des dommages collatéraux de ce que la « performance » et le « succès » peuvent engendrer.

      À quoi sert d’être performant quand la qualité de vie n’est plus?

      1. C’est bien vrai. Votre point de vue est plein de sens.
        Je crois que l’essence de votre texte traite du soutient entre les membres de la famille pour survivre aux sacrifices cause par la vocation (et non pas job) de militaire. Se serrer les coudes et prendre soin de soi sont des aspects cruciaux que vous touchez dans vos textes. Ils sont la clef pour être et durer dans le temps.
        A quoi sert d’être performant? À faire du Canada ce qu’il est aujourd’hui.
        Quand la qualité de vie n’y est plus? Là, c’est le défi familial que vous aidez plusieurs à surmonter.

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